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Jusqu'à récemment, il était relativement
facile de faire suivre les «appels au combat»
- combats contre l'injustice, l'inégalité, l'autorité,
autrement dit pour le progrès - par des combats réels
dont on pouvait mesurer les fruits et les «avancées».
Le monde était assez ancien pour qu'on puisse y trouver
prise. Or s'il est aujourd'hui encore facile d'en appeler
à la lutte, si le désir du combat est toujours
actif dans nos consciences, ce que l'on peut combattre réellement
semble par contre de plus en plus évanescent et énigmatique.
C'est que pour combattre, il faut des ennemis, des différences,
des conflits, une vision claire de l'avenir, toutes choses
que dans notre exaltation du présent nous nous efforçons
d'abolir, de sorte que nos élans et notre désir
se perdent dans des luttes dérisoires ou fantomatiques.
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